CBJNQ

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) a été signée le 11 novembre 1975. Ce tout premier règlement de revendications territoriales globales au Canada annonçait une ère nouvelle pour les revendications territoriales autochtones.

En 1971, le gouvernement du Québec annonçait le « projet du siècle », soit le projet de développement hydroélectrique de la baie James. Il était prévu dans ce projet d’envergure que les terres historiquement occupées par les Inuits et les Cris et utilisées pour la chasse et la pêche de subsistance seraient inondées afin de créer d’immenses réservoirs et que des rivières seraient détournées. La construction a commencé, et les droits des Inuits et des Cris vivant dans les environs de la baie James et du Nord québécois ont été ignorés.

Le jeune Charlie Watt a alors réuni un certain nombre d’Inuits et a créé l’Association des Inuit du Nouveau-Québec (AINQ). L’AINQ a uni ses forces à celles de l’Association des Indiens du Québec, puis les deux associations ont demandé en 1972 une injonction à la Cour supérieure du Québec pour stopper le projet. L’injonction leur a été accordée, mais cette décision a été infirmée peu de temps après. Cependant, ces événements ont permis d’entamer des négociations qui ont donné lieu à un règlement hors cour, soit la CBJNQ.

La CBJNQ a été signée par les parties suivantes : le gouvernement du Québec, la Société d’énergie de la Baie James, la Société de développement de la Baie-James, Hydro-Québec, le Grand conseil des Cris du Québec, l’AINQ et le gouvernement du Canada.

Dans le cadre de la CBJNQ, les gouvernements du Canada et du Québec ont versé 225 millions de dollars en compensations financières aux Cris de la baie James et aux Inuits du Nord québécois, soit à l’Administration régionale crie et à la Société Makivik, respectivement. Les Inuits ont reçu 90 millions de dollars.

En plus de régler des revendications territoriales autochtones et de fournir des compensations financières, la CBJNQ a permis de définir les droits ancestraux et d’établir des régimes définissant les relations futures entre les peuples autochtones et les allochtones dans la région ainsi qu’entre les administrations locales et régionales, d’une part, et les gouvernements provincial et fédéral, d’autre part. La CBJNQ a prévu des droits d’exploitation et a établi des catégories de terres et des régimes de gestion des ressources. Elle a également permis de créer des commissions scolaires, de restructurer les services de santé et de mettre sur pied des administrations régionales.

Ce traité historique a également ouvert la voie à la conclusion d’autres ententes importantes, dont l’Entente de partenariat sur le développement économique et communautaire au Nunavik (Entente Sanarrutik) et la Paix des Braves. Il s’agit de deux ententes importantes de développement économique créant un partenariat avec les Inuits et les Cris pour la prise de décision et le partage des retombées.

Pour marquer le 40e anniversaire de la CBJNQ, la Société Makivik a produit un documentaire intitulé Napangunnaqullusi: So That You Can Stand (afin de pouvoir se tenir debout). Le film donne un aperçu de l’immense travail qu’ont nécessité les négociations et permet aux jeunes du Nunavik de comprendre ce qu’ont traversé à cette époque les leaders Charlie Watt, Zebedee Nungak et feu Mark R. Gordon ainsi que l’équipe de négociateurs de la partie inuite et l’ensemble du Nunavik.