Makivik Corportion

Au Canada, la Société Makivik est un organisme tout à fait unique. Créée en 1975 pour administrer les fonds provenant du tout premier règlement général de revendications territoriales au Canada, soit la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, la Société a joué, au fil des ans, un rôle beaucoup plus grand que celui de simple administratrice.

La Société Makivik a fait preuve de leadership tant sur le plan politique, culturel qu’économique dans la constitution et le développement d’une région dynamique appelée Nunavik, où les Inuit ont établi une identité distincte sur leur propre territoire avec comme toile de fond la dualité des nations canadienne et québécoise.

Les réalisations de la Société Makivik démontrent à quel point des traités modernes ou des règlements de revendications territoriales des peuples autochtones peuvent être profitables autant pour les gouvernements que pour les Inuit. La Société a montré qu’elle avait la capacité de définir de nouvelles relations entre le gouvernement fédéral, une puissante province et un petit groupe d’Autochtones, soit les Inuit du Nord-du-Québec.

Au cours des trois dernières décennies, la Société Makivik est devenue un leader au Canada et dans le monde entier, car elle a su conjuguer avec succès les droits des Autochtones, les négociations politiques et son sens aigu des affaires pour mettre sur pied des entreprises florissantes et lancer des initiatives économiques qui ont contribué aux économies nationale, provinciale et régionale.

JBNQAL’organisme a réussi à dissiper les craintes initiales et profondément enracinées qu’avaient de nombreux Inuit concernant la perte de titres et droits ancestraux à l’égard des terres traditionnelles. En investissant prudemment les compensations financières et en utilisant certains titres inuit ancestraux, la Société Makivik a su démontrer dans quelle mesure les revendications territoriales des Inuit et des Autochtones pouvaient influencer et orienter les investissements dans le développement économique et la mise en valeur des ressources, l’évolution politique, la recherche scientifique et sur l’environnement, ainsi que la construction d’infrastructures communautaires.

Les relations de travail efficaces qu’a entretenues la Société au fil des ans avec les gouvernements fédéral et provincial ont été tissées par des leaders déterminés qui ont mis en œuvre d’une manière cohérente les règlements sur les revendications territoriales, ce qui leur a permis d’atteindre les idéaux fixés.

D’une manière générale, ces relations positives ont été bâties et continuent d’évoluer en fonction des négociations relatives à la création d’un gouvernement autonome et de l’entente de principe afférente, ainsi que de la mise en œuvre de l’Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Nunavik.

Trente ans après la signature du premier règlement sur les revendications territoriales, la Société Makivik et le gouvernement du Canada ont, au terme de 14 ans de négociations, conclu en 2007 l’Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Nunavik.

L’Accord couvre des zones extracôtières et des îles de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava.

Depuis sa création, la Société Makivik reconnaît l’importance de participer au programme politique national.

Les Inuit du Nunavik ont joué un rôle important lors des négociations constitutionnelles de 1982, lesquelles ont permis de confirmer les droits des Inuit dans la Constitution du Canada et d’offrir une protection constitutionnelle aux règlements généraux sur les revendications territoriales. La Société Makivik continue de se faire entendre à l’échelle nationale en siégeant au conseil d’administration d’Inuit Tapiriit Kanatami, l’organisme représentant les Inuit à l’échelle nationale. Cet organisme a d’ailleurs joué un rôle déterminant dans la prise de position lors de réunions des premiers ministres, comme dans le cas de l’Accord de Kelowna de 2005 et en ce qui concerne les excuses formulées par le gouvernement du Canada relativement à la politique d’assimilation et les pensionnats indiens dont ont été victimes les Inuit de toutes les régions du Canada.

La Société Makivik est également le principal promoteur de l’accord sur le gouvernement régional du Nunavik qui transférera à une assemblée élue les responsabilités en matière de santé, d’éducation, de services municipaux et de transports.

L’un des principaux mandats de la Société Makivik est le développement économique et la création d’emplois.

La Société reconnaît d’abord et avant tout que l’avenir économique du Nunavik continuera d’être tributaire des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables.

En ce qui concerne les ressources non renouvelables, la Société participe à des négociations et à des partenariats tant avec le secteur public que privé. Il y a notamment des négociations avec Hydro-Québec concernant des projets existants et des propositions de projets hydroélectriques à la baie James, ainsi que des négociations avec la société minière Xstrata Nickel relativement à la mine Raglan. Il incombe également à Makivik d’investir et de gérer les fonds découlant de ces négociations.

Le Service du développement des ressources de la Société exploite à Kuujjuaq un centre de recherche reconnu à l’échelle nationale où l’on effectue des recherches scientifiques sur la faune et l’environnement. Makivik appuie également les associations locales de chasseurs, de pêcheurs et de piégeurs, ainsi que les corporations foncières qui administrent les terres que détiennent exclusivement les Inuit (terres de la catégorie 1).

Les cinq membres du Bureau de la Société Makivik et les 16 membres de son Conseil de direction sont élus par les résidents inuit du Nunavik. Les trois gouverneurs du Nunavik sont nommés par le Bureau et le Conseil de direction de la Société et jouent le rôle de conseil des sages.

Les Inuit du Nunavik, par l’entremise de la Société Makivik, apportent un solide appui et participent aux activités de l’organisme inuit national, Inuit Tapiriit Kanatami, et de l’organisme international, Conseil circumpolaire inuit.